Dans une société caractérisée par les violences de tout genre, l’art peut redonner l’espoir et le goût de vivre. Après plusieurs décennies, la région des grands lacs africains est en proie à une crise sécuritaire multidimensionnelle, et la partie orientale de la République démocratique du congo reste la plus touchée par cette situation.
Pour marier l’art à la réalité que traverse la population de la région des grands lacs, l’artiste Joyce Kaj a mis à la portée du public une chanson intitulée O’bufumu, du Mashi, une langue locale parlée dans le Sud-Kivu, qui signifie médicament ou remède en français.
Connaissant la participation de l’une des grandes icones de la musique congolaise Jean Goubald Kalala, la chanson O’bufumu appelle à un sens élevé d’humanisme en prêchant l’amour, la solidarité, l’unité et la cohabitation pacifique.
Chantée dans une période purement exceptionnelle, où la ville de Bukavu et celle de Goma sont occupées par le mouvement AFC-M23, cet artiste a fait savoir que lancer cette chanson, est une occasion pour elle de joindre sa voix à celle de la population de l’Est de la République démocratique du Congo qui traverse un moment extrêmement difficile.
Joyce Kaj pense que l’amour est un remède contre la situation chaotique que la population de l’Est traverse et croit que si on remplaçait la guerre par l’amour, tout irait mieux et le sang ne coulerait plus. Pour elle, la haine et le conflit ne fait qu’attiser le bain de sang, pourtant cela serait évité si les gens se comportaient comme des humains au sein de la société, et voir les autres en tant que tel, au lieu de s’entre-tuer comme des moutons.
Portant un accoutrement arborant les couleurs du drapeau de la République démocratique du Congo, cet artiste originaire du Sud-Kivu, évoluant actuellement dans la capitale congolaise, voulait passer un message d’unité entre les congolais en cette période où sa partie orientale saigne.
Joyce Kaj pense qu’il était temps pour elle d’intervenir entant qu’artiste et arrêter cette hémorragie visible à l’Est du pays à travers sa voix qui interpelle les dirigeants et appelle la population à la résilience et à la prise de conscience.
« A travers la chanson O’bufumu, je propose l’amour comme solution à ces problèmes qui déchirent notre société et j’appelle la population du monde à le vivre car de nos jours le sang coule presque partout dans le monde.»
O’bufumu était une autre façon pour Joyce Kaj de valoriser sa langue locale, en dehors des frontières et plaider pour une notion du patriotisme pour bannir le tribalisme et la haine qui ont une part non négligeable dans la situation qui se passe à l’Est de la RDC.
Sammy BALUME